Une des occupations favorites des célibataires est de se promener la nuit, seuls ou en groupes et de demander ici et là qu’on les accueille et qu’on leur serve un café, de fonctionner en tant que police des mœurs, ou de faire toutes sortes de bêtises.
Ces escapades nocturnes, qui mènent souvent à des luttes entre groupes rivaux, se terminent parfois dans le sang. Un procès-verbal établi à Engelberg en 1733 et intitulé «Mandat pour cause de sorties nocturnes de garçons» parle d’une de ces bandes de jeunes: «…Ces fêtards et noctambules passibles de peines, en plus du fait qu’ils parlent à voix très haute et prononcent des paroles grossières, s’arment d’épées, de couteaux, de pierres et de bâtons, se recherchent les uns les autres au point que non seulement, par leurs attaques, ils mettent la vie de leurs adversaires et la leur en danger, mais aussi celle des honnêtes gens.»
Le «kiltgang» est en principe plus inoffensif. A la tombée de la nuit, les jeunes hommes se glissent jusqu’à la maison de leur dulcinée et les prient, souvent en vers et en changeant leur voix, de les laisser entrer ou du moins de leur dire quelques mots doux par la fenêtre. Si le jeune homme vient d’un autre village, il doit faire attention à ne pas tomber aux mains des jeunes du lieu, sinon il court le risque de finir l’aventure galante sur un tas de fumier ou dans une fosse à purin.


